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Contrôle technique des deux roues : des motards témoignent

Le contrôle technique devient obligatoire pour les deux-roues à partir du 15 avril 2024. Une mesure qui fait couler beaucoup d’encre et qui suscite de nombreuses réactions au sein de la communauté des motards. Nous sommes allés à la rencontre de certains d’entre eux pour prendre la température.

Un homme en train d'utiliser une clé mixte pour réparer sa moto

Pour ou contre le contrôle technique pour les deux-roues motorisés ? Quand nous avons posé la question à nos différents motards, ils étaient tous unanimes sur l’utilité d’une telle mesure afin d’assurer la sécurité du pilote et des autres usagers. Tout en faisant toutefois le distinguo entre les motards très impliqués dans l’entretien de leur monture et les autres un peu plus « négligents ». Ainsi, pour Minh, le « contrôle technique a un intérêt vis-à-vis des conducteurs de deux-roues qui n’entretiennent pas bien leur véhicule, ce qui nécessite donc un contrôle pour s’assurer qu’ils sont dans les clous niveau sécurité ».

Julien abonde dans ce sens, en mettant l’accent sur les modèles avec de faibles cylindrées et qui ne sont pas toujours en règle. « Le contrôle technique va être utile pour contrôler les scooters, notamment les modèles accessibles pour les titulaires du permis B, qui effectuent une formation complémentaire. Je vois certains de ces modèles sur la route, avec des utilisateurs qui se soucient moins de l’entretien comme peuvent l’être les motards. Les scooters, qui effectuent des livraisons, sont également des modèles mal entretenus qui nécessitent de faire des contrôles. »

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Un homme en pull entourant de ses mains une moto en image

Des zones encore floues

Mais pour nos différents intervenants, tous motards aguerris, et qui prennent soin régulièrement de leurs motos, l’efficacité et la plus-value du contrôle technique reste à démontrer. Ils mettent ainsi en avant le coût supplémentaire que cela va engendrer. « Dès que quelque chose ne va pas sur la moto, je regarde tout de suite. Si je ne peux pas régler le problème, je vais au garage immédiatement, explique Minh. Ce qui veut dire qu’on met déjà pas mal d’argent dans l’entretien. Et là, on nous demande à nouveau de dépenser de l’argent pour un nouveau contrôle. Il faut savoir que la fréquence d’entretien d’un deux roues est de 6 000 km, pour une voiture, c’est 15 000 à 20 000 kms. ».

Même son de cloche du côté de Philippe. « En soi, je ne suis pas contre le contrôle technique mais il y a beaucoup d’affect dans tout ça. On veut qu’il n’arrive rien à la moto. Quand je l’emmène en réparation chez le constructeur, j’ai confiance, je sais que les experts savent y faire. Là, tu ne sais pas où tu vas emmener la moto et quelles sont les personnes qui vont toucher à ta moto. »

Nos motards s’interrogent également quant à la mise en application concrète de la mesure et la capacité des centres à avoir les machines nécessaires pour effectuer ces contrôles à partir d’avril prochain. « Actuellement, les centres ne disposent pas de bans pour contrôler le freinage, c’est-à-dire qu’ils vont juste regarder, inspecter les plaquettes et dire si l’épaisseur leur convient. Ce n’est pas suffisant, ils ne sont pas prêts pour faire ces contrôles », avance Telmo.

Autre sujet d’inquiétude : les contrôleurs vont-ils devoir prendre en main la moto pour la contrôler ou le conducteur devra-t-il être présent ? « Manipuler une moto, ce n’est pas évident, cela fait partie de l’épreuve du permis moto, précise Telmo. C’est quelque chose qui s’apprend et qui est évalué. N’importe qui ne peut pas prendre en main une moto. Dans le cas d’une grosse cylindrée de plus de 200 kgs, je ne serai pas très serein de ne pas savoir qui manipule mon véhicule », s’inquiète-t-il. Nicolas partage ce sentiment : « Ce qui m’embête, c’est comment va se passer le transport de la moto. Si le contrôleur touche l’engin et le fait tomber, ça m’ennuierait beaucoup. Ça va être compliqué à gérer. » Et Telmo de renchérir : « Quid de la couverture d’assurance moto ? Si la moto tombe à cause du contrôleur, qui paie les dégâts ? ». Autant de questions auxquelles nos motards attendent des réponses claires.

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Quatre mains posées l'une sur l'autre sur lesquelles repose une moto en papier blanc

Ce que l’on sait déjà à propos du contrôle technique deux-roues

S’il reste des points à préciser, l’arrêté publié le 23 octobre dernier livre quand même quelques informations sur le contrôle technique des deux-roues. Ainsi, il sera obligatoire dès le 15 avril 2024 dans les centres de contrôle technique du territoire. Environ 1 000 à 1 500 centres devraient proposer ce service dès avril.

Le contrôle technique va concerner tous les deux-roues (scooters et motos) mais aussi les trois-roues, les quads et les voitures sans permis. Les contrôleurs n’auront pas l’obligation de posséder le permis moto mais bénéficieront d’une formation de 33 heures pour être aptes à effectuer le contrôle, avec une partie théorique et pratique. De quoi rassurer les motards ?

L’arrêté prévoit également une mise en pratique échelonnée des points de contrôle. Tous ne seront pas forcément effectués dès le 15 avril. Ainsi, la mesure du niveau sonore sera faite « à partir du 1er mars 2025 » et le contrôle de la vitesse pour les cyclomoteurs sera appliqué « au 1er juin 2025 », d’après les déclarations de Geoffrey Michalak, directeur technique et formation réseau Auto Sécurité et Sécuritest, au site Auto-infos.fr.

Enfin, concernant le prix, bien qu’un tarif autour de 50 euros ait été évoqué, rien n’a été officialisé. Il devrait être fixé librement par chaque centre.

 

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