Trottinettes électriques : la non-assurance progresse | ASSU 2000 Aller au contenu principal

Trottinettes électriques : la non-assurance progresse et inquiète

Les trottinettes électriques sont de plus en plus concernées par le défaut d’assurance. Selon le baromètre 2026 du Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages (FGAO), les engins de déplacement personnel motorisés (EDPM) représentent 8,3 % des véhicules impliqués dans les accidents pris en charge par le Fonds. Un chiffre qui en fait la deuxième catégorie la plus touchée après les voitures. ASSU 2000 fait le point.

Un jeune homme avec un casque, de dos, circulant sur une trottinette électrique

Les trottinettes électriques dans le viseur du FGAO

Pratique, rapide et facile à utiliser, la trottinette électrique s’est largement installée dans les habitudes de déplacement. Mais comme tout véhicule motorisé circulant sur la voie publique, elle n’est pas exempte de risques.

Le dernier baromètre de la non-assurance routière du FGAO met justement en lumière une tendance préoccupante : le nombre de trottinettes électriques et autres engins de déplacement personnel motorisés non assurés à l’origine d’accidents de la circulation augmente fortement.

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Les EDPM arrivent juste derrière les voitures

En 2025, les EDPM représentent, en effet, 8,3 % des véhicules impliqués dans les accidents pour lesquels le FGAO intervient au bénéfice des victimes. Ils arrivent ainsi derrière les voitures, qui représentent 77,7 % des véhicules concernés. Les deux-roues représentent, quant à eux, 7,5 %.

Ce chiffre concerne notamment les trottinettes électriques, mais aussi les hoverboards, gyroroues et gyropodes.

Cette évolution mérite d’être surveillée : derrière un trajet quotidien en trottinette peut se cacher un risque bien réel. Une collision peut occasionner des blessures, des dégâts matériels ou engager la responsabilité du conducteur vis-à-vis d’un tiers.

Trottinette électrique : l’assurance est obligatoire

Contrairement à une idée encore répandue, une trottinette électrique ne peut pas être utilisée sur la voie publique sans assurance.

L’obligation d’assurance concerne en effet les véhicules terrestres à moteur, dont font partie les engins de déplacement personnel motorisés. Le conducteur doit pouvoir présenter une attestation d’assurance en cas de contrôle.

Une assurance qui protège surtout les autres

L’assurance de responsabilité civile, également appelée « assurance au tiers », permet de couvrir les dommages corporels et matériels causés aux tiers par le véhicule.

Son objectif est donc avant tout de protéger les autres usagers en cas d’accident.

Car si une chute ou une collision peut sembler anodine, les conséquences peuvent rapidement devenir importantes lorsqu’un autre usager est blessé ou lorsque des dommages matériels sont occasionnés.

Le FGAO, le filet de sécurité des victimes

Lorsque l'auteur d'un accident n'est pas assuré ou prend la fuite, c'est le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages qui intervient.

Créé en 1951, le FGAO a pour mission d'indemniser les victimes d'accidents de la circulation causés par un conducteur non assuré ou qui a pris la fuite. En 2025, près de 7 500 victimes blessées ont ainsi été prises en charge par le Fonds, qui a versé plus de 132 millions d'euros d'indemnités.

Mais comment le Fond est-il financé ?

Son fonctionnement repose sur un principe de solidarité. Le dispositif est principalement financé par une contribution prélevée sur les contrats d'assurance automobile. En d'autres termes, ce sont les conducteurs assurés qui participent collectivement à l'indemnisation des victimes de la non-assurance routière.

Une fois les victimes indemnisées, le FGAO se retourne contre le responsable afin de récupérer les sommes versées. En 2025, le Fonds a ainsi recouvré 14 millions d'euros auprès d'auteurs d'accidents non assurés et compte aujourd'hui près de 15 400 débiteurs.

Rouler sans assurance peut coûter bien plus qu'une amende

Rouler sans assurance constitue un délit. En cas de contrôle, le conducteur s'expose à une amende forfaitaire de 750 euros. En cas de récidive, celle-ci peut atteindre 3 750 euros et être assortie de sanctions complémentaires.

Mais le véritable risque apparaît lorsqu'un accident survient. Si un conducteur non assuré provoque des dommages matériels ou corporels, le FGAO indemnise les victimes à sa place. Le Fonds se retourne ensuite contre le responsable afin d'obtenir le remboursement de l'intégralité des sommes engagées, majorées de 10 %.

Or, lorsqu'une victime est gravement blessée, les montants peuvent rapidement atteindre plusieurs centaines de milliers d'euros, voire davantage. Une dette qui peut peser pendant de nombreuses années sur le responsable de l'accident.

Mieux informer pour mieux protéger

La progression des accidents impliquant des trottinettes électriques non assurées rappelle une réalité simple : ces engins offrent une nouvelle liberté de déplacement, mais ils impliquent aussi des responsabilités.

Alors que leur usage continue de se développer, Le FGAO rappelle que sensibiliser les utilisateurs à l'obligation d'assurance apparaît plus essentiel que jamais. Au-delà du respect de la réglementation, cette couverture garantit l'indemnisation des victimes et protège les conducteurs contre des conséquences financières potentiellement lourdes. Une démarche simple, mais indispensable pour circuler en toute sérénité et protéger l'ensemble des usagers de la route.

Sources : FGAO

Photo d'illustration : © Gautier Normand- stock.adobe.com